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Vermin Saison 1 : critique sans insecticide

toutfilmMarch 22, 2020

MONDE DE MERDE

Dès les premières secondes, on comprend que c’est l’amour de l’humour trash, de l’irrévérénce et de tout ce qui n’est pas acceptable en société qui donne à la série une raison d’exister. La saleté est au coeur de tout dans Vermin, et pas seulement au coeur du récit. Les personnages, des insectes donc, vivent littéralement dedans, dans une sorte de méga-cité résumée à la crasse qu’elle engendre, ou même carrément à la crasse sur laquelle elle s’est installée. Les batîments, les lieux, les décors, les personnalités qu’on découvre au fur et à mesure ont un point commun : ce sont des ordures, dans tous les sens du terme.

C’est donc le running gag qui parcourt ces 10 épisodes de moins de 10 minutes : on suit mine de rien l’histoire d’un petit bonhomme innocent qui se rend compte, en se rendant en ville, que son monde l’est beaucoup moins. Son voyage s’accompagne d’une prise de conscience qu’on pourrait résumer par un vulgaire : « et si mon monde était dégueulasse ? » Spoiler, il l’est, dégeulasse.

 

photo, Vermin Season 1Dis moi des choses sales

 

La ville en elle-même, amoncellement de détritus grouillant d’une vie crapoteuse, en devient donc un personnage à part entière, arpenté en long, en large et en travers par le duo menant l’intrigue. Le tout s’inspire en ça directement des films de flics des années 1970 et 1980, comme par exemple du Police Fédérale, Los Angeles de William Friedkin, où l’environnement urbain est envisagé comme une sorte d’entité labyrinthique et pourrissante, où les courses poursuites s’enchainent presque naturellement. On y retrouve le même goût pour le cynisme communautaire, faisant des murs froids des buildings des remparts peu efficaces entre les hommes (les insectes dans ce cas), et leurs pulsions les plus morbides.

Bien sûr, il s’agit là d’une savoureuse parodie, dépouillée de la misanthropie de son modèle, ou plutôt d’un de ses modèles. Les inspirations de Vermin sont multiples, puisqu’il s’inscrit dans le genre du buddy movie policier, maintes fois récupéré avec humour ces dernières années, que ce soit dans des productions sympathiques (The Nice Guys) ou douloureuses (Bright). Seulement, ici, il subit le traitement Bobbypills. Tout est démultiplié, appuyé, surligné, craché à la face d’un spectacteur hilare.

 

photo, Vermin Season 1Directed by Michael Bay

 

UN DERNIER ÉPISODE ET J’ARRÊTE

Balak et son équipe s’amusent comme des petits fous à amplifier au maximum le potentiel trash de chaque situation pour pousser dans les extrêmes chaque idée comique, sans pour autant paraître lourds. Un jusqu’au-boutisme aussi exemplaire qu’extrêmement drôle culminant dans la séquence de la boite de nuit, summum de mauvais goût mémorable coupant la saison en deux. La scène cristallise toutes les qualités de la fiction, d’une obsession pour l’accumulation de fluides corporels à un rythme effréné.

Mais il n’est pas question de juste cumuler les scènes chocs : la série fait preuve d’une certaine inventivité dans sa mise en scène et le déroulement de son intrigue. Parfaitement équilibré, le mélange explosif brille par sa capacité à alterner merveilleusement les éléments de parodie empruntés aux films de flics, comme les apparitions des deux bourrins aussi homophobes que dépourvus de confiance en eux, et les blagues bien sales, comme le passage à tabac d’un pauvre collègue longiforme.

 

photo, Vermin Season 1Vin Diesel et Paul Walker

 

Tout est donc une question d’équilibre, et encore une fois, Bobbypills se montre maître en la matière, grâce notamment à un rythme infernal qui motive tout. Il se passe plein de choses dans Vermin, et pourtant chaque épisode dure très peu de temps. Les enjeux, mine de rien très présents, sont sans cesse relancés, faisant de la chose une sorte de machine de guerre addictive. L’histoire se distille dans les gags, faisant partie prenante du récit. La fin ne fait que transformer tous les évenements précédents en un gag géant, particulièrement efficace, renforcant encore plus cette ambiance salace et décomplexée.

Cela permet aussi d’éviter de tomber dans le piège de la suite de sketchs mis bout à bout. La série ne cède jamais à ce travers, pour le plus grand bonheur des spectateurs, incapables d’empécher Netflix de passer les épisodes pour eux. En d’autres termes, Vermin est le candidat idéal au binge-watching, une série conçue dans un but et un seul : se montrer d’une traite. C’est donc le moment parfait pour s’y mettre.

Vermin est disponible sur Netflix depuis le 1er février

 

photo, Vermin Season 1

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