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Les Choristes : critique qui voit sur son chemin

toutfilmMarch 23, 2020

UN GROS CHOEUR TRANQUILLE

C’est que ce premier long de Christophe Barratier repose principalement sur un ressort dramatique des plus efficaces : la chronique douce-amère d’un temps pas si lointain mais révolu où la France pansait encore ses blessures d’occupation. Ici, pourtant, point trop de biographie nostalgique, juste l’envie de dépeindre la vie d’un pensionnat de garçons, pour la plupart orphelins, perdu au fin fond de la province française, avec en fil rouge l’amour d’un « pion » pour la musique et son envie de le faire partager, via une chorale, à ces déshérités de l’amour.

Ce récit somme toute assez chiche sur le papier, Christophe Barratier s’ingénie à le rendre vivant en utilisant d’abord une photo désaturée en concordance avec le souvenir visuel (carte postale, photos de famille…) que l’on se fait de cette époque, et ensuite en usant d’une mise en scène rappelant ceux de Jean Grémillon, Yves Allégret et autres Jean Dréville (réalisateur de La Cage aux rossignols, dont Les Choristes est le remake), bref tous les oubliés assassinés par la Nouvelle Vague.

 

photoElle est pas belle ma France ?

 

 

UN LONG ROUPILLON TRANQUILLE

Les Choristes est forcément un peu de cela, mais n’est aussi malheureusement que cela. Quand Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain jouait de sa mise en scène à l’esthétique « moderne » en parfait décalage avec le propos empreint de nostalgie, quand Être et avoir jouait avec perfidie de cette même nostalgie à la limite du conservatisme nauséeux, Les Choristes ne nous proposent rien d’autre qu’une vision de carte postale jaunie, une histoire somme toute des plus banales, qui n’offre aucune prise à ne serait-ce qu’une légère prise de position, à la fois dans le propos et dans la réalisation.

 

photoEn 2004, la France rencontrait sa nouvelle star

 

Le film suit dès lors son cours, insensible aux variations, tel un fleuve tranquille ou un album de photos de famille que l’on feuillette au coin d’un feu de cheminée. Peut-être, finalement, n’a-t-on besoin que de cela quand on va au cinéma, peut-être a-t-on juste besoin de se blottir au chaud et de se rassurer dans un univers convenu et révolu, histoire, juste un instant, d’oublier le monde qui nous entoure. Peut-être.

Mais nous, on préfèrera plus revoir et se souvenir d’un film comme Au revoir les enfants, où Louis Malle nous assénait à coup d’images vitriolées sa vision d’un pensionnat pendant l’occupation, juste pour sortir de cette torpeur ouatée qui ne ressemble pas à la vie mais bien au refus même de l’existence.

 

Affiche officielle

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