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Le scandale des masques pour l’Italie saisis par les Tchèques

toutfilmMarch 24, 2020

l’essentiel
Les autorités tchèques ont saisi arbitrairement 110 000 masques et des respirateurs chinois qui étaient destinés à l’Italie. Une affaire qui scandalise au-delà de la péninsule.

Samedi 22 mars : en 24 heures, 800 morts viennent de s’ajouter au terrible bilan du Covid-19 en Italie. Mais à la douleur du pays s’ajoute la colère qui frémit. La veille, la télévision publique a dévoilé le scandale. Et ce matin, les Italiens découvrent éberlués dans La Repubblica, quotidien national du centre-gauche, le détail de l’impensable : “Dans l’urgence du coronavirus”, le pays vient de subir de la part de la République tchèque “un grave manque de solidarité dans l’Union européenne”. “Un énorme chargement de 110 000 masques – certains étaient allés jusqu’à parler de 680 000- et des milliers de respirateurs envoyés par la Chine dans notre pays pour nous aider” ont été “arbitrairement saisis par les autorités” de la République tchèque, détaille le journal.

Lanceur d’alerte tchèque

Une affaire qui a été révélée par un chercheur tchèque, en l’occurrence, Lukas Lev Cervinka, lanceur d’alerte ayant averti des ONG, levant un lièvre très gênant pour son pays.

Dans La Reppublica, le chercheur résume l’affaire. Le mardi précédent, Prague s’était en effet targué d’avoir réussi une grosse saisie de masques et de respirateurs qu’elle avait présentés comme “volés à des entreprises tchèques par des criminels sans scrupule qui voulait les vendre à des tarifs majorés sur le marché international”. Une annonce qui via une agence de presse se voulait record, avec 700 000 masques, de provenance indéfinie. Seulement voilà, Lukas Lev Cervinka, lui, a transmis photos et vidéos à des ONG européennes. Les cartons qui étaient à bord des camions de la police douanière étaient estampillés des drapeaux italiens et chinois, avec des écrits dans les langues de chaque pays. Et ces étiquettes disaient… “aide humanitaire chinoise pour l’Italie”.

Dans un premier temps, le ministère de la Santé tchèque a d’abord démenti. Mais la plupart des médias locaux ont diffusé les images en suivant et elles sont tombées sous les yeux de l’ambassade italienne à Prague… Les diplomates n’ont pas manqué de faire suivre et Rome est donc monté au créneau, le ministère des Affaires étrangères demandant de sérieuses explications. Ce faisant, Prague a dû reconnaître les faits… puisque ce matériel provenait bien de la cargaison de la Croix-Rouge de la province chinoise du Zhejiang destinée à l’Italie. Mais les autorités tchèques n’ont pas précisé comment elle s’était retrouvée sur leur territoire… Le ministère de l’Intérieur, lui, s’est amendé sur Twitter où il “a regretté ce malentendu” et précisé qu’il était en train de discuter avec la province du Zhejiang pour résoudre le problème”.

Envoi “dès que possible”

En suivant, le ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, Tomas Petricek, a informé l’ambassadeur italien à Prague qu’en attendant la conclusion de l’enquête par la police tchèque sur le vol du matériel médical qui avait eu lieu à Lovosice, son pays enverrait “dès que possible” 110 000 masques de ses propres stocks à l’Italie, en nombre égal à ceux qui auraient dû être réceptionnés. La cargaison était supposée partir dans les 48 heures mais nul ne savait dire si les masques italiens avaient, eux, étaient déjà distribués par les services de santé tchèques aux hôpitaux locaux.

La complexité de l’affaire, qui se ramifie vers d’autres pays nécessitera une plus longue enquête a fait valoir la diplomatie… “mais la situation en Italie ne permet pas d’attendre”, a rappelé l’ambassadeur italien. Pour Lukas Lev Cervinka, “ce n’est pas du tout un geste de politique européenne, c’est vraiment une histoire honteuse”, conclut-il dans La Repubblica.

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