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Le droit à l'IVG va-t-il être limité pendant le confinement ?

toutfilmMarch 22, 2020

Le droit à l'IVG va-t-il être limité pendant le confinement ? TOUTFILM

Des associations et des politiques s’inquiètent de voir l’accès à l’IVG restreint pendant le confinement lié à l’épidémie de coronavirus. Le gouvernement fait en sorte que ce ne soit pas le cas.

Avec la limitation des sorties et la saturation des hôpitaux, le droit à l’avortement est-il menacé par le confinement ? C’est ce que semblent penser des associations. Sur France Inter, Danielle Gaudry, militante du Planning familial explique avoir déjà eu des retours inquiétants en Ile-de-France et en Isère : “Un certain nombre d’hôpitaux ne répondent plus au téléphone. Des créneaux horaires permettant notamment de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse chirurgicales ont également été supprimé des blocs opératoires”.

Interrogé par Libération, le Planning familial explique que ses craintes concernent particulièrement les mineures : “La loi leur promet un service anonyme et gratuit, mais j’ai du mal à voir comment cela va être possible dès lors qu’elles doivent sortir voir le médecin et qu’elles sont confinées en famille”, explique Caroline Rebhi, coprésidente de l’organisation . Elle confirme aussi avoir eu des retours de défaillances. Des patientes ont vu “des blocs annulés, des IVG repoussées de quelques jours. En fait, ça dépend des régions. Là où le service était déjà défaillant, c’est évidemment encore pire”.

Le 19 mars, Laurence Rossignol, sénatrice et ex ministre de la Santé, a soulevé la question de la limitation de l’accès à l’IVG en proposant un amendement visant à allonger le délai légal de deux semaines et à supprimer la deuxième consultation pour les mineures. Son texte a été rejeté par le gouvernement. “La crise liée au Covid-19 a plusieurs conséquences pour les femmes souhaitant avorter. D’abord pour celles qui se retrouvent hors délai légal [la douzième semaine de grossesse, ndrl] : en temps normal, elles se rendent en Espagne ou aux Pays-Bas. La France le sait très bien et cela nous place dans une situation hypocrite, mais comment vont-elles faire désormais avec la fermeture des frontières ? Si on ne termine pas avec une hausse des avortements clandestins, on aura de la chance… Ensuite, de manière plus générale, tous les services sont bouleversés. Il y a moins de soignants car certains sont malades et d’autres appelés sur des urgences : c’est une raison de plus pour ne pas accueillir les femmes”, explique-t-elle à Libération.

Selon le journal, les ministères concernés commencent en effet à constater des perturbations dans les services dédiés. Avec la réassignation de certains professionnels de santé à d’autres postes, les rendez-vous sont parfois ajournés. D’après ses informations, le ministère de la Santé et le secrétariat aux Droits des femmes se sont consultés sur le sujet, et plusieurs consignes ont été envoyées aux services pratiquant des avortements. Tout d’abord, favoriser les IVG médicamenteuses quand cela est possible, ainsi que privilégier la téléconsultation pour les rendez-vous préalables afin de ne pas surcharger un peu plus les hôpitaux. Les sages-femmes pourront être mobilisées pour cela. Concernant la méthode choisie, en cas d’acte chirurgical, “quand il faut une intervention, on conseille d’éviter les anesthésies générales : moins c’est invasif, moins il y a de risques de contamination”, explique Cyril Huissoud, membre du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF”. Cependant, il regrette : “Des opérations peuvent être repoussées, surtout dans le cas où la patiente serait symptomatique du Covid-19. Mais si des patientes se retrouvent hors délai légal à cause d’un report, son intention de départ sera évidemment prise en compte. Le CNGOF veillera à ce qu’elles puissent être prises en charge conformément à leur choix initial”.

Par ailleurs, l’IVG a été classé dans la catégorie des soins urgents. “Les permanences de soins urgents, dont l’IVG, restent assurées pendant la crise. Des mesures de protections sanitaires identiques au reste des établissements de santé doivent être prises par les centres devant prendre en charge des patientes. Les démarches et conditions d’accès restent identiques à celle avant la crise”, assure à Libération la direction générale de la Santé.

Concernant les femmes qui seraient hors délais, le Planning familial peut leur délivrer un certificat, permettant en théorie de pouvoir passer les frontières pour pouvoir avorter dans un pays où les délais légaux sont plus longs. “Mais cela dépend des policiers. Une femme a par exemple dû passer la nuit à la frontière. Le lendemain une autre policière l’a laissée passer. Nous aimerions savoir si la légalisation des interruptions médicales de grossesse (IMG), non soumise aux restrictions de délais, pourrait s’appliquer pour des raisons psychologiques, surtout dans ce contexte de pandémie. Nous attendons toujours la réponse”, indique Caroline Rebhi.

Qu’est-ce que l’avortement médicamenteux ?


Vidéo par Juliette Le Peillet

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