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Hollywood vs Netflix : le coronavirus va tout changer, selon Jason Blum

toutfilmMarch 26, 2020

Pour Jason Blum, le nouveau maître du cinéma d’horreur avec Blumhouse, le coronavirus a changer à jamais la face du cinéma. 

Fondateur de Blumhouse, Jason Blum est un producteur écouté, reconnu pour son flair. Capable de créer la surprise avec une structure dédiée en premier lieu au cinéma de genre, il a pris l’industrie hollywoodienne par surprise, ne jouant pas la carte de l’inflation budgétaire, préférant produire massivement des longs-métrages aux budgets resserrés au maximum, pour privilégier leur rentabilité. Des principes qui ont présidé à la fabrication des Paranormal Activity ou encore d’American Nightmare. Et une politique qui a porté des fruits mirifiques, et fait de Jason Blum un homme écouté. 

Forcément, face à l’épreuve d’une pandémie et d’un confinement américain qui semble de plus en plus inexorable, Hollywood tend l’oreille, le producteur ayant toujours abordé la distribution en salles de ses œuvres de manière dépassionnée. C’est pour cette raison que The Hunt et Invisible Man ont été lâchés en VOD plus vite que prévu, vu la situation.

Et pour le patron de Blumhouse, il ne fait nul doute que le secteur devrait être bouleversé en profondeur par la crise actuelle, comme il l’a expliqué dans une interview accordée à The Daily Wire. 

 

photo, Betty Gilpin, Hilary SwankSalle contre SVOD ?

 

“Imaginer que les studios vont patienter quatre mois avant de rendre disponible un film en vidéo, ce n’est pas réaliste. Ils ne seraient pas compétitifs, or ils ont besoin d’entrer en concurrence avec Amazon et Netflix et Apple, à leur manière. Il y aura des bascules. 

Le consommateur sera habitué à plus rester chez lui, ça ne fait pas de doute, les usages vont évoluer après le coronavirus. L’industrie du cinéma va changer de visage.” 

Jusque-là, il s’agit plutôt de bon sens. C’est au sujet des transformations qui pourraient s’abattre sur les salles que les propos de Blum se font plus précis. 

“L’expérience collective du cinéma, le fait de se retrouver pour voir un film, je ne crois pas qu’on en aura fini avant longtemps. Je pense qu’il y aura moins de films en salles, une sélection moins large, ou plutôt, je devrais dire : beaucoup moins de films choisiront le cinéma comme fenêtre d’exploitation privilégiée, mais il y aura bien plus de films dans les salles, sans doute pour des durées très limitées, une semaine ou deux.” 

 

photo, Elisabeth MossVers une situation stable et apaisée

 

Rappelons que ces déclarations désignent tout particulièrement l’industrie américaine, qu’on imagine plus susceptible de se transformer, notamment en raison d’une appréhension assez souple de la question de la chronologie du média (l’organisation des différentes fenêtres d’exploitation d’un film, entre salle, VOD, SVOD, vidéo physique, etc). En choisissant de proposer très rapidement Invisible Man et The Hunt à la demande sur le territoire américain, le producteur a illustré très concrètement ses propos.

Les gros studios ont fait de même en avançant les sorties VOD de gros films : Warner Bros. avec Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn, Sony avec Bloodshot, ou encore Paramount avec Sonic le film.

Pour autant, gageons que la situation actuelle aura des conséquences palpables en Europe et en France. En effet, les grands risques économiques encourus par de nombreuses structures indépendantes, à tous les niveaux du secteur, ont déjà montré que beaucoup d’opinions et de pratiques étaient prêtes à évoluer sur ce sujet, ne serait-ce que dans un but de sauvegarde de l’industrie. 

 

Photo Justin Hartley, Sylvia Grace CrimAller chercher le public, c’est tout un art

 

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