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Des trésors de films de l’INA à voir gratuitement

toutfilmMarch 24, 2020

On a exploré pour vous Madelen, la toute nouvelle plateforme de l’INA, gratuite trois mois.

1. Des classiques du cinéma français

Ce n’est pas l’essentiel du catalogue de la plateforme de l’INA, mais elle ne pouvait décemment faire sans le format roi de l’art audiovisuel. En ce moment, Madelen propose une jolie poignée de chefs-d’œuvre. Parmi ceux-là, citons “Paris, Texas” (1984), la sublime errance bluesy de Wim Wenders, “Masculin-féminin” (1966) qui voit Godard ausculter la jeunesse d’alors avec Chantal Goya et Jean-Pierre Léaud, ou “Chronique d’un été” (1961), jalon du cinéma-vérité signé Jean Rouch et Edgar Morin.

La période étant propice aux bonnes résolutions, on saurait trop conseiller d’enfin faire l’ascension des sommets Alain Resnais (“Hiroshima mon amour”, 1958, et “Muriel ou le temps d’un retour”, 1963) et Robert Bresson (“Au hasard Balthazar”, 1966, et “Mouchette”, 1967) ; d’autant plus que les films sont impeccablement restaurés !

2. Des cartes blanches originales

Il est important de le souligner, la plateforme Madelen n’est pas régie par une phalange d’algorithmes mais animée par une équipe de documentalistes et journalistes de l’INA tout ce qu’il y a d’humains. Leurs sélections de programmes (renouvelées régulièrement) proclament leur parti pris avec une finesse et un humour engageants.

Avec des renforts pour des cartes blanches originales (de moins de 10 minutes) baptisées “Rétronomies” qui voient des personnalités commenter des archives ayant un sens particulier pour elles.

Institut national de l’audiovisuel

L’Institut national de l’audiovisuel, dont les archives renferment des millions d’heures de programmes télévisuels, a lancé, mercredi dernier, une nouvelle offre de vidéo à la demande par abonnement pour partager une part de ce fonds. Joliment baptisé Madelen, cette plateforme de streaming se substitue à INA Premium, lancée il y a cinq ans pour faire découvrir les trésors patrimoniaux de l’audiovisuel.

Par rapport à cette dernière, Madelen a resserré l’offre sur environ 13 000 programmes (contre 30 000 précédemment) et, au passage, abandonné le sport et la jeunesse qui, en «différé générationnel», n’avaient pas trouvé leur public. Elle se concentre sur les fictions et séries, les spectacles et concerts, les documentaires, les émissions et enfin, les programmes audio. Compte tenu des circonstances, l’INA offre trois mois d’abonnement gratuits (2,99 € par mois ensuite).

madelen.ina.fr

Parmi les premières à s’être prêtées à l’exercice : l’épatant comédien et humoriste François Morel qui dialogue par le truchement d’archives avec Raymond Devos ; le réalisateur de “The Artist” Michel Hazanavicius qui se souvient du “Maigret” de Jean Richard ; la comédienne Claire Keim qui est interviewée par un montage de grandes voix de la télé d’avant-hier ; l’actrice et réalisatrice Zabou Breitman qui raconte la création par son père, le scénariste Jean-Claude Deret, de la série “Thierry La Fronde”, en 1963. Du régal !

3. Des collections d’émissions cultes

Attention, cliquer sur l’onglet “émissions cultes” de Madelen équivaut à piquer une tête dans un tonneau de Romanée-Conti : ce n’est sans doute pas raisonnable, assurément intempérant mais si l’on veut bien accepter une gueule de bois qui ne fait pas mal aux cheveux mais aux yeux, quelle divine ivresse !

Mis en avant, le “Droit de réponse” consacré à la mort du journal “Charlie Hebdo” (janvier 1982) est un chef-d’œuvre de débat bordélique, et plus que vaguement outrancier, dont on ne se lasse pas. L’autre numéro de l’émission de Polac sur le show-biz avec, entre autres, Daniel Guichard et Juliette Greco est à peine moins chaotique !

On pourra leur préférer des programmes plus légers comme l’émission de variété de Jean Nohain “Trente-six chandelles”, plus psychanalytiques comme “Le Divan d’Henry Chapier”, plus historiques comme les successives lucarnes d’Alain Decaux, plus journalistiques comme “Cinq colonnes à une”, plus rock’n’roll avec “Chorus” d’Antoine de Caunes ou plus littéraires comme “Apostrophes” de Bernard Pivot. Ivresse garantie, on vous dit !

4. Des documentaires sensationnels

C’est un autre filon aurifère du portail public et, de notre humble point de vue, une des meilleures façons de “regarder la télévision” en cette période de confinement : les documentaires.

Si vous aimez la chanson, précipitez-vous sur le doux “Brassens à Paris chez lui” (juillet 1978), un concert intime de notre fierté sétoise qui circule d’une pièce à l’autre de chez lui ; sur l’intense “La Solitude du chanteur de fond” (1976) de Chris Marker qui nous plonge dans les coulisses d’un concert d’Yves Montand en faveur des réfugiés chiliens ; ou encore sur l’émouvant “Bécaud, mon père” (2016), un portrait sensible de Gilbert Bécaud à travers les yeux de sa fille Emily. Plus global, “Il est minuit, Paris s’éveille” (du Carcassonnais Yves Jeuland), sur l’émergence de la nouvelle chanson après-Guerre, est aussi un “must”.

Si vous avez envie de rire (en ce moment, comment dire… un peu, non ?), vous aurez le choix entre différents portraits : “Jerry Lewis, clown rebelle” ; “Coluche le bouffon devenu roi” ; “Thierry Le Luron, l’humour de ma vie”… Mais aussi les plus décalés “Salvador Dali, génie tragi-comique” ; “Parts de Marchais” (Georges, en l’occurrence) ou “Pasqua par Pasqua”…

Mais on adore aussi pêle-mêle “Chabrol, l’anticonformiste”, réalisé par la fille adoptive du cinéaste Cécile Maistre, “Michel Audiard : J’parle pas aux cons, ça les instruit” qui fait le portrait du dialoguiste anar, et “Saint-Etienne : l’épopée 1976″ qui revient sur les “Verts” !

5. Spectacles et concerts à foison

En l’absence momentanée du spectacle vivant, l’habitué ou même l’occasionnel risquent le manque. Madelen propose les meilleures drogues de substitution du marché, notamment une approuvée par des générations de téléspectateurs : 3Au théâtre ce soir3 (100 occurrences entre 1966 et 1982).

Moins connu, “Emmenez-moi au théâtre” (1982-1985) permet de croiser Jacky Sardou en duo avec Jeanne Moreau dans “L’Intoxe”, Maria Pacôme aux prises avec Daniel Auteuil dans “Apprends-moi Céline”, et Catherine Frot et Jean-Pierre Darroussin dans “Orphée !” Mais il faut aussi se plonger dans les captations de la Comédie-Française, comme le récent “Cyrano” version Michel Vuillermoz et l’historique “Ondine” version Isabelle Adjani.

Côté concerts, on versera forcément une larme devant celui, somptueux, d’Aretha Franklin à l’Olympia en 1971 sous la direction de King Curtis, ou, éclatant, de BB King au festival Newport à Paris en 1974.

Mais on craquera aussi pour la première de sur la scène du théâtre de l’Empire, du nouvel opéra rock présenté en 1978 par Michel Berger et Luc Plamondon, avec donc ses interprètes originels donc et un grand orchestre.

Si ça pique les yeux, ce n’est pas parce que c’est kitsch, c’est parce que c’était hier et que c’était beau.

La France sans complexe

Il est de bon ton, depuis que les “millenials” sont devenus nos prescripteurs, d’accroire la série française arriver à son zénith quelque part dans les années 2000 du côté de Canal +, après le nadir incarné par les feuilletons AB productions. Madelen offre l’occasion de leur rabattre le caquet qui rend disponibles environ 4 000 épisodes de séries d’avant, dont “Les Rois maudits”, “Belphégor” et “Thierry la fronde” bien sûr !

Citons aussi la solide mini-série “Fantômas” (1980) réalisée par Claude Chabrol, “Les Saintes Chéries”, l’un des feuilletons préférés des Français dans les années 60 avec Micheline Presle et Daniel Gélin, mais aussi “Les Shadoks”, la géniale série d’animation créée par Jacques Rouxel, et “Jean de la Tour Miracle”, cape et d’épée avec un Patrick Dewaere juvénile et maladroit. Si l’on a le goût de l’étrange, on se hasardera à “La Brigade des maléfices” (en photo), du polar aux frontières du fantastique, et au “Voyageur des siècles”, de l’aventure spatio-temporelle, toutes deux de 1971 et pas piquées des hannetons !

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