Enable JavaScript to see this page By toutfilm.com

Coronavirus : les grands chantiers de l’agriculture face à la crise

toutfilmMarch 24, 2020

Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, fait le point des difficultés du secteur agricole.

Secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, Jérôme Despey pointe les difficultés du secteur agricole, en première ligne depuis le début de la crise. Les paysans doivent nourrir les Français.

1. Le cas particulier des horticulteurs

Aujourd’hui, tous les commerces de fleurs sont fermés. Qu’ils s’agissent des fleuristes, des pépiniéristes, des établissements horticoles ou des jardineries. Toutes leurs activités sont suspendues, alors que les professionnels ont des stocks et ont déjà mis en production leurs futures fleurs, plantes et plants de légumes.

Aujourd’hui, les horticulteurs ne sont pas intégrés dans les différents dispositifs départementaux. Nous sommes en discussion pour que ces entreprises et ces magasins soient ouverts au public en respectant scrupuleusement les normes sanitaires, notamment les mesures barrières.”

2. Un manque criant de main-d’œuvre

La saison des fruits et légumes a déjà commencé, avec notamment la récolte des fraises et des asperges dans la région. Si le ramassage des asperges semble poser moins de problèmes, celui des fraises risque de devenir très critique. Avant la fin du mois de mars, les producteurs vont avoir besoin de trois cents saisonniers.

Nous nous devons donc de trouver de la main-d’œuvre, puisque les saisonniers des pays de l’Est et du Maghreb ne peuvent pas venir en raison de la décision de fermer les frontières. Il n’existe aucune dérogation à ce sujet.

Nous avons mobilisé Pôle emploi pour trouver des solutions. Nous avions pensé faire appel aux étudiants, mais après une rencontre avec le préfet, nous avons appris que cette solution n’est pas possible. Nous allons donc voir si nous pouvons faire quelque chose avec les stagiaires ou les personnes en formation agricole. Ce n’est vraiment pas facile.

3. Un appel à la grande distribution

“Je lance un appel solennel aux grandes et moyennes surfaces. Il a d’ailleurs été relayé par le président de la chambre de commerce et de l’industrie de l’Hérault, André Deljarry. Je demande à la grande distribution de privilégier et de favoriser l’approvisionnement de proximité.

Si les frontières espagnoles sont fermées pour les personnes, ce n’est pas le cas pour les fruits et les légumes. Elles arrivent dans les rayons des grandes et moyennes surfaces à des prix que je n’hésite pas à appeler prédateurs.

Le coût de production de l’asperge française se situe à 5 €/kg, alors qu’on trouve l’asperge espagnole dans certains magasins à 2 €/kg. Ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas tenable puisque les agriculteurs français ne peuvent pas lutter.

Je souhaite responsabiliser les acteurs de la grande distribution au moment où le président de la République en appelle à la solidarité.

4. La continuité agricole

Nous demandons aux travailleurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire de travailler pour assurer la continuité de la filière. Il convient bien évidemment que toutes les conditions de protection soient respectées. À ce sujet, nous avançons main dans la main avec les syndicats.

Il faut également que tous les acteurs travaillent, fabricants d’emballages, abattoirs, logistique, conditionnement, transformation… C’est un sujet prégnant.

5. Le maintien des marchés

Le Premier ministre a dit ce lundi soir avoir pris la décision de fermer les marchés ouverts, tout en permettant aux préfets, à la demande des maires, de déroger à cette interdiction. J’en appelle donc aux maires de laisser leurs marchés ouverts, après avoir pris contact avec les préfets. Cela passe bien évidemment par le respect des mesures de précaution : espacement des étals, distances de sécurité entre acheteurs matérialisées, absence de manipulation des produits par les acheteurs, utilisation des sacs des acheteurs, port de gants voire de masques par les producteurs, paiement préférentiel par CB sans contact. Il est primordial pour les agriculteurs de pouvoir vendre leurs productions. J’ai demandé au préfet que nous fassions ensemble un point sur ce sujet.

Categories

Leave a comment