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Coronavirus : dans les hôpitaux militaires, « les patients déferlent »

toutfilmMarch 21, 2020

Le médecin général des armées, Maryline Gygax Généro, avec un officier de l'opération Barkhane, au Sahel, en 2017.
Le médecin général des armées, Maryline Gygax Généro, avec un officier de l’opération Barkhane, au Sahel, en 2017.

Maryline Gygax Généro, 60 ans, médecin générale des armées et spécialiste en pneumologie, est la directrice centrale du service de santé des armées (SSA) depuis 2017. Major de sa promotion en 1983 et brevetée de médecine aéronautique, elle a commencé sa carrière à l’hôpital militaire Desgenettes de Lyon (Rhône), avant d’exercer des responsabilités dans celui de Metz (Moselle), puis au Val-de-Grâce, à Paris, et à Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne).

La directrice a répondu aux questions du Monde, samedi 21 mars, sur l’engagement des armées dans cette crise. Selon elle, la pandémie de Covid-19 relève de « circonstances absolument exceptionnelles ».

Spécialiste en pneumologie, comment appréciez-vous, comme médecin, la pandémie due au coronavirus ?

Ce sont des circonstances absolument exceptionnelles. Il y avait des scénarios pensés, craints, de ce type-là. Mais il est vrai que la rapidité de l’expansion de la pandémie, son caractère mondial, nous surprennent, parce que ce virus est inconnu. Il nous oblige à nous adapter. Cette vague qui déferle nous met tous à rude épreuve.

Quels sont, à ce jour, les moyens mis en œuvre par le service de santé des armées, qui se trouvait déjà en grande tension avant cette épreuve et qui, rappelons-le, compte 14 800 personnels dont 70 % de militaires, avec huit hôpitaux d’instruction (HIA) ?

Tout le service est mobilisé, jusqu’à nos élèves, qui ne sont plus en cours à la faculté et vont venir en renfort. Chaque jour, 2 000 personnes sont soit d’alerte, soit d’astreinte, soit en opérations extérieures. Je suis fière de mes personnels. Ils font face avec une implication, une créativité et un sens du devoir exceptionnels, et cet engagement sans faille se fait dans le respect de la mission première de notre service, qui est le soutien médical des armées et de leurs opérations.

Les hôpitaux d’instruction des armées participent à la prise en charge du Covid-19. Les patients déferlent. Nos capacités ne sont pas encore saturées. Nous avons 117 lits de réanimation dans cinq hôpitaux (Bégin, Percy, Sainte-Anne, Laveran et Clermont-Tonnerre) et nous sommes en train de monter en puissance pour les lits dédiés (40 aujourd’hui). Mais l’HIA de Metz voit à vue d’œil le nombre de patients pris en charge augmenter. Nous avons des anesthésistes en réanimation insérés dans le centre hospitalier régional et notre hôpital Legouest a transformé tous ses lits de médecine. Nous n’abandonnerons cependant pas les autres patients et nous devons rester mobilisés pour les blessés militaires qui seraient rapatriés d’opérations en cas de besoin.

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