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Au Venezuela, « deux gouvernements, c’est trop pour gérer une crise comme celle du coronavirus »

toutfilmMarch 23, 2020

Cette photo diffusée par la présidence vénézuélienne montre Nicolas Maduro lors d’un message télévisé au sujet de la pandémie, à Caracas, le 22 mars.
Cette photo diffusée par la présidence vénézuélienne montre Nicolas Maduro lors d’un message télévisé au sujet de la pandémie, à Caracas, le 22 mars. JHONN ZERPA / AFP

Avant même l’épidémie due au coronavirus, l’ampleur de la crise sanitaire faisait craindre le pire aux Vénézuéliens, au moindre problème de santé. « Il est interdit de tomber malade », résumait un retraité qui, en 2017 à Caracas, se plaignait de la dégradation du système de santé et des hôpitaux. Feliciano Reyna, spécialiste des questions de santé publique et directeur de l’association Action solidaire, considère que « le Venezuela, qui vit depuis plusieurs années une urgence humanitaire complexe, est en très mauvaise posture pour affronter la pandémie ».

Avec 70 cas officiellement confirmés, le Covid-19 arrive dans un pays qui a vu son PIB chuter de 65 % depuis 2013. Les sanctions économiques décrétées par Washington contre le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro et le récent effondrement des prix de pétrole compliquent encore la donne. Le Venezuela vendait son brut à moins de 20 dollars, ce vendredi.

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Face au Covid-19, le gouvernement de Nicolas Maduro a réagi très vite. Le 12 mars, avant même qu’un premier cas ne soit officiellement détecté (deux le seront le lendemain), le président suspendait les vols en provenance d’Europe, décrétait le système sanitaire en « état d’urgence permanent » et annonçait l’aménagement de 46 hôpitaux « sentinelles » pour faire face à la crise. Quatre jours plus tard, M. Maduro mettait l’ensemble du territoire en quarantaine.

Des travailleurs en tenue de protection marchent dans la rue pendant la quarantaine nationale, à Caracas, le 21 mars.
Des travailleurs en tenue de protection marchent dans la rue pendant la quarantaine nationale, à Caracas, le 21 mars. MANAURE QUINTERO / REUTERS

« Le gouvernement a pris les bonnes mesures », souligne le chirurgien Jaime Lorenzo, président de l’association Médecins unis pour le Venezuela qui réunit plus de 4 000 membres de la profession, au Venezuela et à l’étranger. « Mais nous avons des raisons d’être très inquiets », poursuit-il.

Hôpitaux vétustes et pénurie de médicaments

Dans un pays où les médias traditionnels sont étroitement contrôlés, le pouvoir est soupçonné d’avoir ignoré ou dissimulé le nombre réel de malades et de continuer à le faire. « Nous ne sommes pas en mesure de connaître avec exactitude l’état de la situation, précise le spécialiste. Seul l’Institut national d’hygiène est autorisé à effectuer des tests. Parce que l’essence manque, certains hôpitaux ne peuvent tout simplement pas en demander. » Les problèmes de transports compliquent au quotidien la mobilisation du personnel soignant.

Fleuron de la révolution bolivarienne à l’époque de la manne pétrolière, le programme de médecine de proximité mis en place par Hugo Chavez (1999-2013) avec l’aide des médecins cubains a sombré lorsque, fin 2013, les prix du baril se sont effondrés. Parallèlement, le système de santé publique accusait le contrecoup d’années de négligence. Faute d’investissements, les hôpitaux sont aujourd’hui vétustes et mal équipés ; faute de budget, ils manquent de médicaments et de matériel médical.

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